1ère Bataille de la Marne : 6 au 12 septembre 1914

Quand éclate la guerre, le 3 août 1914, dans l’esprit de chacun, celle-ci devait être courte, très courte : quelques semaines pour les Français : « nous serons de retour pour les moissons », six semaines pour le grand état-major allemand dont le plan Schlieffen prévoit un contournement des lignes françaises massées face à la frontière allemande par la Belgique. Il s’agissait pour les Allemands de se débarrasser rapidement du front ouest face à la France pour concentrer leurs efforts contre la Russie

La stratégie allemande s’avère alors efficace. Moins d’un mois après le déclenchement de la guerre, les troupes françaises surprises, débordées par la poussée allemande sur l’ensemble du front, lâchent du terrain et se replient dans une retraite épuisante.

Mais alors que les Allemands, qui ont envahi la Belgique et le Nord-Est de la France, s’apprêtent à savourer une victoire rapide face aux Français, la première bataille de la Marne va stopper leur élan à moins de 50 km de Paris, et les force à reculer jusqu’au Nord de l’Aisne.

En effet, pendant les dix jours qui précèdent cette bataille, les troupes françaises sont contraintes de se replier. Se succèdent alors marches épuisantes, le plus souvent de nuit pour gagner une position défensive sur les arrières, combats de jour sur des positions hâtivement préparées pour tenter de ralentir l’avancée allemande, replis de nouveau à la nuit tombée.

Mais la bataille mal engagée n’est pas perdue pour autant. Le général Joffre, commandant en chef français, imagine un plan audacieux pour faire de cette déroute apparente, qui mine le moral des troupes, un vaste repli stratégique. Il donne l’ordre aux divisions d’Alsace et de Lorraine de se redéployer par chemin de fer d’une part à l’Ouest de l’Ourcq, où 100 000 hommes de la VIe armée du général Maunoury se tiendront massés, et d’autre part le long de l’Aisne, où est créée la IXe armée aux ordres du général Foch, qui occupera le centre du dispositif.

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Le Général JOFFRE, commandant en chef des armées françaises

A l’arrière, Paris est de plus en plus menacée. Le 2 septembre, le gouvernement confie la défense de la capitale au général Gallieni et part s’installer à Bordeaux. Le général Joffre, sur une idée du général Gallieni, décide alors de risquer la contre-offensive. Finie, la retraite. « On se fera tuer plutôt que reculer », clame le général Joffre. C’est le sursaut de la Marne.

Les Allemands n’en reviennent pas que des hommes ayant reculé pendant dix jours, à moitié morts de fatigue, puissent reprendre le fusil et attaquer au son du clairon. Sur un front de 250 km, de l’Ourcq, à l’Ouest, et jusqu’au-delà de Verdun, à l’Est, deux millions d’hommes vont maintenant s’affronter. Le dimanche 6 septembre à l’aube, la bataille de la Marne commence.

La VIe armée française, déployée au Nord-Est de Paris sous les ordres du général Maunoury, attaque sur le flanc droit de la Ière armée allemande du général Von Kluck, qui vient de dépasser Meaux et qui marche vers le sud en évitant Paris. Lorsque Kluck se retourne contre l’armée française, son avancée ouvre une brèche de 48 km entre ses troupes et celles de la IIe armée de Karl Von Bülow. Avec l’aide de la IXe armée du général Foch, les troupes de la Ve armée française et du corps expéditionnaire britannique s’y engouffrent et attaquent les deux armées allemandes sur leurs flancs exposés.

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positions et mouvements des troupes
- En bleu : les positions et mouvements des troupes françaises et britanniques.
- En rouge, les positions et mouvements des troupes allemandes.

Mais, il faut envoyer des renforts. C’est alors que le général Gallieni réquisitionne un convoi de 630 véhicules – appelés depuis "les taxis de la Marne" –. Ces taxis vont transporter sur le Front 4 000 soldats d’infanterie. Ces milliers de soldats supplémentaires viennent renforcer les troupes du général Maunoury. C’est la première opération de transport de troupes motorisées de l’Histoire.

Le 8 septembre, la Ve armée du général Franchet d’Esperey lance une attaque de nuit contre la IIe armée allemande et élargit encore la brèche. Désorganisées, épuisées par leurs précédentes avancées, légèrement inférieures en nombre, les armées allemandes sont contraintes au repli. Le 10 septembre, elles entament une retraite générale sur la rive droite de l’Aisne où elles se retranchent.

La bataille de la Marne prend fin le 12 septembre. Elle a permis de briser l’élan des armées du Kaiser et a sauvé la France du désastre. Bien qu’il soit encore aujourd’hui impossible de connaître le nombre exact de tués (plusieurs dizaines de milliers d’hommes de part et d’autre : français, britanniques et allemands), cette semaine est considérée comme la plus meurtrière de la Grande Guerre.

Malgré ce succès, dès le 12 septembre, les Allemands vont imposer une guerre de position. C’est le début de la bataille de l’Aisne et de la guerre de tranchées qui caractérisera le front occidental pendant les quatre années suivantes. Quatre longues années qu’aucun état-major n’avait prévues. Une guerre d’usure, celle des tranchées et de la boue, de Verdun et du Chemin des Dames…

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Paroles d’une chanson de Poilu - Les Flots de la Marne
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Mission du centenaire
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Dernière modification : 11/10/2016

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