La Francophonie célébrée à Kampala - épisode 1

« Oui, j’ai une patrie : la langue française » confessait Albert Camus, il y a plus de 60 ans, dans ses Carnets. Ode à l’unité enrichie par les différences, les mots du célèbre écrivain pied noir résonnèrent à nouveau le 17 mars à Kampala en Ouganda, jour de célébration de la Francophonie.

C’est sous un soleil radieux que la langue française se laisse chanter, samedi 17 mars 2018, par les charmants accents de la communauté francophone. Rassemblées à l’Ecole française Les Grands Lacs de Kampala, 1300 personnes participent ainsi aux festivités organisées par l’Alliance française et l’Ambassade de France en Ouganda, à l’occasion de Journée Mondiale de la Francophonie. Un moment pour se rencontrer, échanger, partager sa culture et découvrir celle de l’autre.

EPISODE 1 - PROMOUVOIR LA LANGUE

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(de gauche à droite) Madame l’Ambassadrice de France en Ouganda Stéphanie Rivoal, Monsieur Jean-Pierre Massala, le chargé d’affaires de la République Démocratique du Congo en Ouganda ainsi que Monsieur l’Ambassadeur de Belgique en Ouganda, Hugo Verbist, ont rappelé leur attachement à la langue française, facteur d’unité et d’amitié entre leur pays. Célébrant la richesse et la diversité propre à la francophonie, ils ont également tenu à rendre hommage aux sonorités, au vocabulaire et aux appropriations régionales.

Les écoles

Située à l’Est du quartier de Kololo, à Kampala, l’Ecole Française les Grands Lacs a ouvert ses portes, pour la deuxième année consécutive, à la Journée Internationale de la Francophonie. Hôte de cet évènement, l’établissement en partage également les fondements, accueillant chaque année des élèves de plus de 30 nationalités différentes. Parmi eux, des ressortissants des pays francophones voisins, d’Afrique de l’Ouest, des Français, des Belges, mais aussi des enfants ougandais qui, placés dès la maternelle dans cette école, parviennent rapidement à parler couramment la langue.

De jeunes écoliers ougandais sur la scène ouverte - JPEG

Cet établissement n’est cependant pas le seul à proposer l’apprentissage du français dès le primaire. Plusieurs écoles à travers le pays offrent également cette opportunité et se sont rassemblées ce jour-là, mettant à l’honneur sur la scène ouverte les jeunes écoliers destinés à rejoindre la communauté francophone.

Les cours

L’Alliance Française de Kampala

Joséphine Nyakato renseignant un visiteur au stand de l'Alliance Française de Kampala - JPEG

Etablie à Kampala depuis 1956, l’Alliance Française promeut la culture française et l’enseignement de la langue en Ouganda. Organisatrice de la Journée de la Francophonie, elle en a ainsi profité pour donner de la visibilité aux cours de français qu’elle propose et qui, semble-t-il, trouvent sa cible auprès de la population ougandaise. Joséphine Nyakato en est l’exemple. Réceptionniste à l’Alliance Française depuis 7 ans, elle tient le stand ce jour-là et en profite pour partager sa propre expérience, elle qui suit des leçons depuis plus d’un an.

Joséphine Nyakato, réceptionniste à l'Alliance Française de Kampala - JPEG

Avec un sourire, elle reconnait avoir éprouvé quelques difficultés à ses débuts. Pas de quoi la décourager, cependant, elle qui perçoit le langage comme un facteur d’unité et la langue français comme une source d’opportunités.

Les échanges

Campus France

Inaugurée le 30 janvier 2018, l’antenne Campus France de Kampala se destine à promouvoir l’enseignement supérieur et encourager la mobilité des étudiants ougandais en France. Elle se charge ainsi de leur présenter et de les informer sur le fonctionnement et les opportunités offertes par les universités françaises, soulignant notamment le prix peu élevé des études, les systèmes de bourses et la reconnaissance internationale des diplômes.

Benjamin Lepez tenant le stand de Campus France - JPEG

L’objectif de ce dispositif consiste à créer sur le long terme « des relations à la Erasmus » explique Benjamin Lepez, le responsable de l’antenne Campus France de Kampala. Ces échanges favorisent l’émergence et la vitalité des « French Club » au sein des universités ougandaises, « l’Ouganda est un pays très jeune, c’est aussi un enjeu pour la France de construire un avenir ensemble" tient-il également à rappeler.

RFI, la radio francophone

Les clubs RFI de la région des Grands Lacs rassemblés à Kampala - JPEG

A l’initiative de l’antenne de Kampala, les clubs RFI de la région des Grands Lacs se sont rassemblés pour la 1er fois à l’occasion de cette Journée de la Francophonie. Venus du Burundi, du Rwanda, du Congo ou encore du Cameroun, une trentaine de membres de la Radio Française Internationale ont profité de cette rencontre, organisée sur 4 jours, pour participer ensemble à des ateliers thématiques. L’occasion de discuter ensemble de certaines problématiques actuelles telles que la protection de l’environnement, des réfugiés, des Droits de l’Homme mais aussi d’échanger sur leurs expériences journalistiques respectives. A ce carrefour, les initiatives locales ont pu également trouver un nouvel écho, à l’image d’Alex Sandio, président de RFI Nations Unies Cameroun qui a ouvert plusieurs antennes club RFI dans des camps de réfugiés au Nord-Est du pays ou de Georges Kisando Kasereka qui a lancé la sienne il y a quelques mois dans la ville congolaise de Butembo-Beni.

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Georges Kisando Kasereka, membre du club RFI, également journaliste à La Voix de l’UCG, une radio universitaire congolaise souhaitant diffuser et vulgariser sciences et culture

Donnant de la visibilité à leurs projets, cet événement a aussi permis de faire remonter les difficultés matérielles auxquelles sont confrontés ces journalistes, investis malgré tout pour offrir des témoignages authentiques et précieux de la situation de leur pays.

La Journée de la Francophonie a ainsi été l’occasion de faire sonner la langue française de toutes ses plus belles façons. De lui rendre hommage également, elle qui lie les peuples partageant l’ultime secret du langage.

Texte : Béatrix Moreau
Photos : Thomas Toulas/ Béatrix Moreau

Dernière modification : 07/06/2018

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