« Protection et conservation de la biodiversité » : Troisième table-ronde du cycle « Résilience au climat en Afrique de l’Est »

Vendredi 7 novembre a eu lieu à l’Université de Makerere, à Kampala, la troisième et dernière table ronde du cycle dédié à la résilience au climat en Afrique de l’Est, organisé par l’Ambassade de France et l’Alliance française grâce au soutien du Fonds d’Alembert de l’Institut Français, en partenariat avec l’IRD – Institut de Recherche pour le Développement.

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Ce cycle de conférences s’inscrit dans la préparation de la conférence Paris Climat 2015, avec pour objectif de susciter une réflexion autour des enjeux du changement climatique en Afrique de l’Est. Après avoir abordé les effets des dérèglements climatiques dans les espaces ruraux et urbains, cette troisième table-ronde a permis aux chercheurs, représentants de la société civile et des autorités locales, d’échanger sur une meilleure protection et conservation de la biodiversité.

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La Ministre du Tourisme, Mme Maria Mutagamba, invitée d’honneur pour la clôture de ce cycle, a souligné la prise de conscience d’une responsabilité collective face aux stratégies d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques. L’Ouganda préside actuellement la 69ème Assemblée générale des Nations Unies et se doit de mettre en avant les enjeux environnementaux dans le cadre de son mandat.

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L’engagement de la France dans la préparation de la COP 21 ainsi que les récentes décisions prises à l’échelle européenne pour limiter l’émission de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 ont été rappelés par SE Mme Sophie Makame, Ambassadeur de France en Ouganda.

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Autres invités de marque : M. Thomas Grenon, Directeur du Museum National d’Histoire Naturelle, et Sabrina Krief, primatologue au sein de la même institution, travaillant en Ouganda depuis plus de quinze ans. Le Museum, qui s’attache à la recherche aussi bien qu’à la sensibilisation sur la biodiversité, entretient une relation privilégiée avec l’Ouganda, pays du plus grand intérêt de ce point de vue. Les propos des intervenants ont mis en relief l’impact du changement climatique en matière de biodiversité sur les populations aussi bien que sur la faune et la flore, mais également les interactions modifiées entre homme et animal dans les réserves de biodiversité.

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William Olupot, directeur de l’ONG « Nature and Livelihoods », a présenté ses recherches sur la disparition d’espèces végétales et d’oiseaux dans l’est de l’Ouganda, près du Mont Elgon. La région a été tout particulièrement affectée par des inondations, sécheresses et glissements de terrains ces dernières années.

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La « Wildlife Conservation Society Uganda », dont le directeur Andy Plumptre était présent à la table ronde, a réalisé ces dernières années un travail considérable de cartographie de la répartition des espèces menacées dans l’Albertine Rift, de recensement des espèces, et d’anticipation des changements climatiques et des pertes de biodiversité. L’impact du changement climatique sur les habitants des zones en question est tout aussi important.

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Richard Atugonza, chercheur au Mountain Resource Centre de Makerere, a fait le point sur la fonte des glaciers dans la chaîne de montagne du Rwenzori, dont la surface est passée de 7,5 kilomètres carrés en 1906 à moins d’un kilomètre carré aujourd’hui.

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Si bien que l’approvisionnement des quelques deux millions de personnes dépendantes de l’eau de ces montagnes est plus que menacé, a constaté Richard Mwesigwa, de « World Wildlife Fund » (WWF) Uganda. WWF Uganda s’efforce de développer des solutions économiques et financières durables, en particulier dans le cadre d’un projet co-financé par l’Union européenne et le Fond français pour l’Environnement mondial (FFEM), impliquant notamment les communautés locales et les entreprises présentes dans la région du Rwenzori pour la mise en place de paiements pour services environnementaux.

Il est tout aussi essentiel pour préserver la biodiversité de faciliter les rapports entre les communautés locales et la faune sauvage présente dans les réserves naturelles que de s’adapter aux effets du changement climatique. Par exemple, l’ONG « Conservation Through Public Health- CTPH », que la fondatrice et présidente Gladys Kalema-Zikukosa a représentée à la table ronde, lutte contre la transmission de maladies entre les animaux sauvages, le bétail et les habitants de la réserve de Pian Upe dans le Karamoja. L’ONG informe la population non seulement sur les conditions d’hygiène et les comportements à adopter, mais aussi sur le respect de l’écosystème.

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Le premier problème qui se pose est donc celui de l’information et sensibilisation des populations. Mais celui des heurts et « conflits d’intérêts » entre humains et animaux sauvages est tout aussi préoccupant. Par exemple les éléphants, dont la population demeure importante en Afrique de l’Est, endommagent des infrastructures et ravagent régulièrement les plantations. Sébastien Le Bel, chercheur au CIRAD à Montpellier, a développé une solution aussi amusante qu’appropriée pour habituer les éléphants à respecter certaines zones : un canon à piment. L’engin propulse de grosses boules de piment qui dégagent une chaleur intense et désagréable aux éléphants. Le canon à piment peut contribuer ainsi à créer une séparation virtuelle entre les plantations et les espaces d’habitat des éléphants, ces derniers mémorisant la sensation produite par les boules de piment.

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Autre espèce ayant de plus en plus tendance à s’infiltrer dans les plantations : les chimpanzés, qui sont, quant à eux, le sujet d’étude de Sabrina Krief. Vétérinaire et chercheuse au Museum National d’Histoire Naturelle, la primatologue française a longtemps observé le comportement des primates, les plus proches cousins de l’homme. Effectivement, ceux-ci ne sont pas en reste en matière de faculté d’adaptation : qui aurait cru que les chimpanzés regardent à droite puis à gauche avant de traverser ? Sabrina Krief et son équipe basée à Sebitoli, au plein cœur de la forêt de Kibale, a observé leurs raids sur les récoltes à l’aide de caméras dissimulées, et constaté que les raids sont plus longs la nuit, et de préférence à la nouvelle lune. Ces observations nocturnes constituent une avancée considérable pour mieux comprendre les phénomènes d’adaptation des primates.

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Ainsi, la recherche n’est pas seulement mise au service du développement mais a donné l’occasion aux participants de cette table-ronde de s’émerveiller sur les richesses de biodiversité présentes en Afrique de l’Est, qu’il convient de préserver à tout prix.

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Présentations des panélistes

Sabrina KRIEF
http://www.mnhn.fr/fr : ( en cours de mise en ligne)
Samuel BESIGYE :

PDF - 347.8 ko
(PDF - 347.8 ko)

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Richard ATUZONGA :

PDF - 2.9 Mo
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Richard MWESIGWA :

PDF - 1.6 Mo
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Sébastien LE BEL :

PDF - 2.8 Mo
(PDF - 2.8 Mo)

William OLUPOT :

PDF - 2 Mo
(PDF - 2 Mo)

Gladys K.ZIKUSOKA :( en cours de mise en ligne)
Andy PLUMPTRE :

PDF - 1.3 Mo
(PDF - 1.3 Mo)

Dernière modification : 11/10/2016

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